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La pêche en Cornouaille
La Pêche, pilier de l'économie cornouaillaise

Avec une production supérieure à 53 000 tonnes en 2006 pour un chiffre d’affaires de 175 millions d’euros, les sept ports de pêche cornouaillais gérés par la CCI représentent le quart de la pêche fraîche française.
La
filière halieutique regroupe aujourd'hui plus de 9 350 emplois* dans l'économie locale, soit 8,5 % de l'emploi total. Au coeur de la filière, 2 415 marins-pêcheurs** sont embarqués sur 524 navires.
Quatre ports cornouaillais figurent au palmarès des 6 premiers ports de pêche français pour les valeurs débarquées : Le Guilvinec (2 ème rang), Concarneau (4 ème rang), St Guénolé – Penmarch (5 ème rang) et Loctudy (6 ème rang).
Tous les types de pêche sont représentés en Cornouaille : pêche industrielle et semi-industrielle, pêche au large, pêche artisanale côtière, pêche thonière tropicale.
* Source : "La filière halieutique en Cornouaille : analyse du poids économique de la filière, des mouvements de flottilles et des transmissions des entreprise de pêche", CCI de Quimper Cornouaille, juin 2006.
** Source : DDAM au 31/12/2005.
Spécificités des 7 ports de pêche cornouaillais
Douarnenez est spécialisé dans le débarquement de poisson bleu (sardine, maquereau…). Il confirme au fil des années son rôle de base avancée pour les navires hauturiers. Ce port en eau profonde permet aux cargos frigorifiques d’accoster et de livrer directement les conserveries en poissons.
Le port d’Audierne est exclusivement un port de pêche côtière : ligneurs et fileyeurs y débarquent bar, dorade, lieu, lotte, raie… Il est réputé pour la qualité et la fraîcheur de sa production qu’il met en avant avec le label « Bar de ligne de la Pointe de Bretagne ».
Le port de Saint-Guénolé-Penmarc’h se distingue par une flottille très diversifiée : chalutiers hauturiers, bolincheurs senneurs, ligneurs, fileyeurs, côtiers… garantissent fraîcheur et variété des approvisionnements.
Grâce à une progression de la valeur débarquée en 2006, Le Guilvinec s’est hissé pour la première fois au second rang des criées françaises, derrière Boulogne-sur-Mer et devant Lorient.
Loctudy est un port de pêche hauturière, où la langoustine et la baudroie constituent les deux espèces phares.
Enfin, bien que le port de Concarneau enregistre une baisse d’activité depuis plusieurs années, sa flottille compte encore aujourd’hui 150 navires armés essentiellement à la pêche côtière et hauturière.
Importante d’un point de vue économique, la filière pêche constitue aussi l’image de marque du territoire, façonne son identité et représente un facteur d’attractivité. En outre, les multiples activités qui la composent « maillent » l’ensemble de la Cornouaille et contribuent au développement des territoires littoraux, urbains et ruraux.
Activité des criées cornouaillaises en 2006
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Tonnages |
Variations 2006/2005
en % |
| 2005 |
2006 |
Tonnages |
Valeurs |
Prix moyens |
Audierne |
1 063 |
951 |
- 10,5 |
- 4,0 |
+ 7,3 |
Concarneau |
11 975 |
9 256 |
- 22,7 |
- 14,1 |
+ 11,1 |
Douarnenez |
3 765 |
4 943 |
+ 31,3 |
+ 5,8 |
- 19,4 |
Le
Guilvinec |
18 825 |
18 839 |
+ 0,1 |
+ 10,1 |
+ 10,1 |
Lesconil |
611 |
537 |
- 12,1 |
- 22,8 |
- 12,1 |
Loctudy |
6 885 |
7 176 |
+ 4,2 |
+ 9,0 |
+ 4,6 |
St-Guénolé - Penmarc'h |
13 320 |
11 956 |
- 10,2 |
- 4,0 |
+ 6,8 |
Cornouaille
Port de pêche |
56 444 |
53 658 |
- 4,9 |
+ 1,1 |
+ 6,3 |
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Concarneau, seul port de pêche français au thon tropical
Le Finistère est un acteur important du thon tropical puisqu’il regroupe tous les sièges sociaux des armements de pêche. 24 thoniers senneurs congélateurs exploitent l’albacore et le listao dans les eaux tropicales de l’Atlantique Centre-Est (entre Dakar et l’Angola) et de l’Océan Indien Ouest. Le poisson est congelé entier à bord, immédiatement après la capture. Il est ensuite destiné à la transformation sous forme de conserves alimentaires ou de plats cuisinés.
L’ensemble des armements a choisi Concarneau comme port d’attache : la Compagnie Bretonne de Cargos Frigorifiques (Cobrecaf), le GIE France-Thon administré par la SAS Ets Chevannes-Merceron-Ballery et Saupiquet. Au total, les producteurs de thon congelé emploient environ 350 marins, essentiellement des officiers, d’origine cornouaillaise, ainsi que 500 matelots originaires des pays riverains des zones de pêche.
Les thoniers sont présents sur les zones de pêche toute l’année. Quand un bateau rejoint l’une de ses bases logistiques (Abidjan en Afrique de l’Ouest, Victoria aux Seychelles, Antsiranana à Madagascar et occasionnellement Mombassa au Kenya), la cargaison est soit livrée directement aux conserveries locales souvent contrôlées par des groupes français, soit transbordée sur des cargos frigorifiques en partance pour l’Europe. Créée en 1959, la Société de Vente du Thon Congelé (Sovetco) supervise ces différentes opérations. Cet organisme concarnois commercialise la production des flottes thonières tropicales, à l’exception de celle de Saupiquet. Il se charge du transport du thon congelé des lieux de production aux lieux de transformation en s’assurant des services de la Cobrecaf. La profession s’organise également autour du Syndicat national des armateurs de thoniers congélateurs et d’une organisation de producteurs (Orthongel).
Le rôle historique majeur de Concarneau s’explique par la proximité d’un important potentiel de transformation. Le Finistère concentre encore à ce jour plus de 40 % de la capacité de production de la conserverie française Actuellement, environ 2 % de la production de thon tropical est transformée dans le département. Les principales conserveries sont à Douarnenez (établissements Paul Paulet, Wenceslas Chancerelle, Cobreco), à Plozévet et Clohars-Carnoët (Capitaine Cook) et au Guilvinec (Furic Marée). Parmi les conserves de produits de la mer, le thon est aujourd’hui la première espèce appertisée et consommée en France : 84 % des ménages en achètent.
La filière de la pêche thonière tropicale contribue positivement dans la balance du commerce extérieur. En effet, la production française de thon tropical congelé est exportée à près de 98 %. La Sovetco se classe ainsi dans les 25 premières entreprises exportatrices bretonnes en 2005. En amont, les industries locales travaillent pour la construction de thoniers et la fabrication de filets de pêche (sennes). Ce secteur de la pêche industrielle française profite également aux chantiers de réparation navale. Ainsi, pour les révisions générales et les différentes opérations de maintenance effectuées sur les thoniers, les armements font appel aux compétences techniques des entreprises concarnoises et à l’expertise de leur personnel d’encadrement.
Résultats de la flotte thonière tropicale
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2005 |
2006 |
Variation en % |
| Tonnages |
150 375 |
126 471 |
- 15,9 |
| Valeur (milliers d'€) |
126 887 |
122 161 |
+ 3,7 |
| Prix moyen (€/kg) |
0,84 |
0,95 |
+ 12,9 |
Source : DDAM
Une filière pêche en mutation
Depuis dix ans, la flottille et le nombre de marins ont considérablement diminué (respectivement – 25 % et – 29 % en Cornouaille), de même que les volumes débarqués (– 27 %). La filière pêche est confrontée à de nombreuses mutations :
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accès limité aux ressources halieutiques |
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La politique française des pêches maritimes s’inscrit dans le cadre européen de la Politique commune des pêches (PCP). Conséquence de la diminution inquiétante de nombreux stocks, les Totaux admissibles de captures (TAC) et les quotas sont beaucoup plus restrictifs qu’auparavant. Dernièrement, le moratoire sur l’anchois a considérablement affecté certaines entreprises de pêche, comme à Saint-Guénolé-Penmarc’h. |
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réduction et vieillissement de la flottille de pêche |
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Après avoir subventionné la construction de bateaux de pêche dans les années 80, la PCP a pour objectif aujourd’hui de réduire l’effort de pêche. Après la création du Permis de mise en exploitation en 1988, les plans de sortie de flotte se sont succédés tandis que les aides à la construction et à la modernisation des navires se sont taries. Ces mesures se traduisent par un vieillissement de la flottille : en Cornouaille, 41 % de la flottille a plus de 25 ans. D’où des problèmes de sécurité, de perte de compétitivité, de surconsommation énergétique. |
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hausse du prix du gazole |
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La profession est confrontée à une hausse durable du prix du gazole qui, suivant les types de bateaux et les métiers pratiqués, menace considérablement la viabilité financière des entreprises. |
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mises aux normes sanitaires et environnementales |
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Autre sujet de préoccupation pour la filière : les mises aux normes sanitaires et environnementales des infrastructures portuaires représentent des budgets colossaux (15 à 16 millions d’euros en Cornouaille). |
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désaffection du métier |
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Enfin, le secteur peine aujourd’hui à recruter. Les jeunes ne sont plus attirés par ce métier difficile et dangereux. Cette désaffection est de plus confortée par le fait qu’à l’heure actuelle il est devenu extrêmement difficile de s’installer, suite à l’inflation du prix des navires d’occasion. |
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Pour conclure, dans ce contexte difficile, l’un des enjeux majeurs de la filière est la transmission des entreprises de pêche. Actuellement, la passation intergénérationnelle ne fonctionne plus. Les freins à la transmission sont de plusieurs ordres : financiers (flambée des prix des navires d’occasion), fiscaux (très forte imposition sur la plus-value) et sociétaux (désaffection pour le métier).
L’installation et la formation d’une nouvelle génération de patrons pêcheurs pour prendre la relève de la précédente conditionnent la pérennité de la filière économique et la transmission des savoir-faire et de la culture maritime en Cornouaille. |
 
(maj. page : août 2007)
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