Conjoncture économique
Activité économique cornouaillaise
Dans un contexte général difficile, l'économie
cornouaillaise laisse percevoir quelques signes de faiblesse.
Le nombre de défaillances d'entreprises (151 en 2002) est
supérieur aux deux années précédentes,
la conjoncture agricole est morose, le secteur de l'imprimerie
et de l'édition inquiète, les services aux entreprises
se replient.
Pour autant, le solde des créations/radiations est positif
et le nombre d'entreprises industrielles, commerciales et de services
franchit, pour la première fois, la barre des 10 000 unités.
PÊCHE
Les résultats 2002 de la pêche fraîche en
Cornouaille sont satisfaisants. Malgré un léger
tassement du tonnage (63 119 tonnes, -3,6 %), la valeur débarquée
baisse à peine (188.2 M€, -1,4 %), grâce à
la bonne tenue du prix moyen.
Si les résultats par port sont inégaux, les principales
criées bigoudènes - Le Guilvinec, Loctudy, Penmarc'h
- établissent chacune leur record historique. En revanche
l'évolution à la baisse des résultats de
Concarneau peut susciter des inquiétudes, tempérées
en partie par la bonne santé de la bolinche et de la pêche
côtière.
Le volume de captures de plusieurs espèces emblématiques
comme la baudroie, la langoustine ou le cabillaud connaît
une augmentation significative. La montée en puissance
de la bolinche se confirme, et le tonnage de sardine débarqué
dépasse 9000 tonnes, avec un prix moyen orienté
à la hausse. Les efforts de cette flottille en matière
de qualité, ceux des transformateurs pour valoriser le
produit et des criées pour traiter au mieux le passage
portuaire, sont à saluer.
Les décisions récentes de Bruxelles devraient permettre
aux pêcheurs de renouveler l'outil de production vieillissant,
malgré la cadre particulièrement contraigant de
la Politique Commune des Pêches. Mais la fenêtre est
étroite, il ne faudra pas perdre de temps. Les efforts
engagés, par la CCI et le Conseil Général,
dans l'équipement et l'aménagement des ports de
pêche s'avèrent plus que jamais nécessaires.
La production de la flottille thonière tropicale
retrouve un bon niveau en 2002
(158 700 tonnes pour un chiffre d'affaires de 135 M€), soit
une augmentation du tonnage de 9.5 % par rapport à l'année
précédente, dont la relative faiblesse des captures
avait été compensée par des prix de vente
plus élevés.
Soumise par nature aux évolutions aléatoires d'un
environnement international de plus en plus instable, desquelles
il faut en conséquence éviter de tirer des conclusions
hâtives, cette activité demeure structurellement
importante dans la filière maritime cornouaillaise.
AGRICULTURE ET AGROALIMENTAIRE
La conjoncture agricole a été très
morose tout au long de l'année 2002.
La baisse du prix de base du lait confirme le retournement de
conjoncture déjà sensible fin 2001. L'endettement
des exploitations laitières progresse depuis 5 ans,
alors que le Programme de Maîtrise des Pollutions 2 va imposer
de nouveaux investissements.
La filière de viande bovine -très liée
à la production laitière- connaît un raffermissement
de l'équilibre production-consommation. Les prix se rétablissent,
après le plongeon des crises de la vache folle et de la
fièvre aphteuse.
Le prix moyen du porc est resté bas. Le financement
des mises aux normes et de la résorption des excédents
d'azote en devient plus difficile, alors que le nombre de cantons
en Zone d'Excédent Structurel est passé de 20 à
29 dans le Finistère. Le nombre de stations de traitement
individuel autorisées et en activité a décollé
cependant.
La production avicole connaît une nouvelle phase
de recul avec l'arrêt de l'abattoir Doux à Briec
et l'annonce fin 2002 d'un plan de cessations volontaires pour
les éleveurs. En revanche, les dispositions douanières
communautaires vont provoquer un retour à la normale des
importations de viande de volailles saumurés congelées.
Au plan général, l'année 2002 a servi de
préparation à l'élargissement de l'UE de
15 à 25 à partir de 2004. Parallèlement,
la Commission a présenté un projet de révision
de la PAC pour 2004, qui s'apparente à une nouvelle réforme
en profondeur (découplage des aides en production laitière
avancée à 2004, baisse des prix d'intervention de
la poudre de lait et du beurre, maintien des quotas jusqu'en 2013).
A l'OMC, les propositions de négociations de l'UE démarrent
sur des bases qui prolongent celles de l'accord de Marrakech en
1994. L'année 2003 sera donc cruciale à bien
des égards pour l'avenir de la plupart des secteurs de
productions finistériens.
INDUSTRIE HORS IAA
Dans son enquête mensuelle, la Banque de France estime que
les industriels régionaux restent très prudents.
Les perspectives 2003 en matière d'investissements sont
"empreintes d'une grande réserve", compte
tenu des incertitudes qui pèsent sur l'évolution
de la conjoncture française et internationale.
Le secteur de l'édition-imprimerie semble avoir
souffert dès 2002. Le Tribunal de Commerce a ainsi prononcé
deux redressements judiciaires (Le Chasse-Marée et SARL
Michel ARCHANT imprimeur) et une liquidation (SARL Impression
de Cornouaille).
CONSTRUCTION
Dans le bâtiment, le tassement des plans de charge se confirme.
Il est essentiellement du à la baisse des investissements
dans le secteur non résidentiel. L'activité continue
néanmoins de se situer à un bon niveau.
Sur le marché de la construction individuelle, la
concurrence se renforce, même si la Cornouaille peut s'appuyer
sur le maintien d'une bonne activité dans le créneau
de la résidence secondaire.
Dans le secteur du bâtiment non résidentiel,
les signes de fragilité se confirment. Le ralentissement
de l'activité est principalement lié à la
baisse des investissements dans le secteur agricole. Les dépenses
engagées par la filière agroalimentaire se contractent
également.
COMMERCE ET SERVICES
En 2002, la consommation des ménages a progressé,
de manière plus modeste que les années précédentes.
Au 2e semestre, les conditions clémentes du début
de saison associées à la conjoncture économique
morose, ont pesé sur le dynamisme des ventes, notamment
dans le prêt-à-porter.
La période des soldes s'étalant jusqu'au 18 février
en Cornouaille, il n'est pas possible aujourd'hui de tirer un
bilan définitif des soldes. La satisfaction des distributeurs
dans les départements où les soldes d'hiver sont
terminés, ainsi que la vague de froid rencontrée
en janvier, permettent néanmoins un certain optimisme.
Pour les mois à venir, la visibilité est limitée,
en raison notamment de la progression du chômage, même
si la Cornouaille n'est pas directement touchée par les
nombreux plans sociaux annoncés récemment.
Quant aux services, secteur moteur dans la création
d'emplois les années précédentes, les perspectives
d'activités sont moins favorables, notamment dans les transports
routiers, les agences intérimaires et les technologies
de l'information.
TOURISME
La saison touristique a démarré assez tardivement
en Cornouaille, confirmant la tendance observée ces dernières
années : la première quinzaine de juillet est devenue
une période d'avant-saison, avec une fréquentation
peu différente de celle d'un mois de mai ou juin.
Juillet aura tout de même été marqué
par des manifestations d'envergure, dont le 79e édition
du Festival de Cornouaille à Quimper (250 000 visiteurs)
et Douarnenez 2002 (100 000 entrées payantes). Ces
événements, appréciés des touristes,
de la clientèle de passage et de la population locale,
contribuent à l'animation de la Cornouaille, et génèrent
également des retombées notables sur l'activité
économique dans son ensemble.
En août et septembre, l'activité a
été globalement satisfaisante. Si les vacanciers
arrivent de plus en plus tard, la saison semble toutefois se prolonger
sur les premières semaines de septembre. Les conditions
météorologiques de cette année auront favorisé
cette tendance.
En conclusion, la saison 2002 n'est pas un cru exceptionnel
ni en Bretagne, ni en Cornouaille. Sans doute atteindrons-nous
à peine les chiffres de fréquentation de 2001 .
Néanmoins, les professionnels du tourisme sont dans
l'ensemble satisfaits des retombées économiques.
La hausse des nuitées étrangères, en particulier
britanniques, est également un signe que la Cornouaille
reste attractive devant une concurrence accrue des destinations.
Plus que jamais, son accessibilité est une priorité
si elle veut augmenter ses parts de marché, et notamment
bénéficier du développement des courts séjours
et du hors-saison.
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